Gerardo Regnani

 La maison

Les oeuvres qui composent ce polyptyque intitulé “ La maison ” font partie d’une plus vaste recherche que j’ai commencée dans la deuxième moitié des années ’90, consacrée à l’exploration de quelques sujets assez communs; les petites et les grandes mythologies du quotidien: la maison, la voiture, la foi, le sexe, etc. Une mythologie du quotidien dans laquelle j’agis à la fois en tant qu’acteur et spectateur, comme beaucoup d’autres.
Dans cette série ‘La maison’, comme dans d’autres ouvres, j’ai senti la nécessité de composer avant tout une sorte de répertoire synthétique idéal du sujet. Un petit catalogue d’articles, à utiliser comme référence, puisés spontanément dans les plis de mon passé et composant, à travers les souvenirs, un regard nouveau sur le monde. Ce regard n’est pas forcement meilleur, mais il est certainement plus sensible et moins fuyant.
Dans ce processus la mémoire joue un rôle unique et irremplaçable. A travers des échos parfois même estompés, elle forme un lien entre le présent et le passé comme nous nous le souvenons. Elle influence l’aujourd’hui et le demain.
Ce travail représente pour moi avant tout un voyage à rebours vers mes origines, vers ce que j’étais hier, pour mieux comprendre qui je suis à présent et où je me dirige.
La maison, avec son vaste corollaire de valeurs et> de références sémantiques (nid, patrie, famille, etc.) est un point cardinal fondamental dans l’existence de chaque être humain. Il l’est même pour ceux qui vivent, ou ont été contraints à vivre, dans des conditions de simplicité extrême.
Mais, en ce qui concerne le présent, le spectateur ne trouvera pas de références directes au réel. Ce n’est pas une chronique claire et ciblée, mais plutôt un chemin ondoyant à l’intérieur de ma mémoire. Son seul but est d’essayer de reconsidérer la valeur de ce symbole universel. Vu le réfèrent apparent de cette recherche, il est probable que ce voyage intime, au départ psychologique, assume une connotation plus vaste, moins personnelle et presque vaguement sociologique (bien que dépourvue d’instruments et d’intentions). Mais ceci est une autre histoire.
Ici, les images que je propose sont surtout liées à mon passé, à une période caractérisée par des
expériences qui n’ont pas toujours été idylliques, mais qui ont marqué mon micromonde, parfois d’une manière positive.
Ces oeuvres– au delà de la relation métonymique qui est sous-entendue dans le sujet – ne sont qu’une invention pour réfléchir sur ce qui m’a

  

  

appartenu et, en même temps, sur le rôle fondamental que la mémoire joue en véhiculant le souvenir dans le temps. Une fonction que nous pourrions peut-être résumer dans cette question finale:

mémoire = communication ?
c’est-à-dire
la mémoire est....une forme de communication ?
Gerardo REGNANI.
traduction : Daniela DELFINO.