La maison
Les oeuvres qui composent ce polyptyque intitulé “ La maison
” font partie d’une plus vaste recherche que j’ai
commencée dans la deuxième moitié des années
’90, consacrée à l’exploration de quelques
sujets assez communs; les petites et les grandes mythologies du quotidien:
la maison, la voiture, la foi, le sexe, etc. Une mythologie du quotidien
dans laquelle j’agis à la fois en tant qu’acteur
et spectateur, comme beaucoup d’autres.
Dans cette série ‘La maison’, comme dans d’autres
ouvres, j’ai senti la nécessité de composer avant
tout une sorte de répertoire synthétique idéal
du sujet. Un petit catalogue d’articles, à utiliser comme
référence, puisés spontanément dans les
plis de mon passé et composant, à travers les souvenirs,
un regard nouveau sur le monde. Ce regard n’est pas forcement
meilleur, mais il est certainement plus sensible et moins fuyant.
Dans ce processus la mémoire joue un rôle unique et irremplaçable.
A travers des échos parfois même estompés, elle
forme un lien entre le présent et le passé comme nous
nous le souvenons. Elle influence l’aujourd’hui et le demain.
Ce travail représente pour moi avant tout un voyage à
rebours vers mes origines, vers ce que j’étais hier, pour
mieux comprendre qui je suis à présent et où je
me dirige.
La maison, avec son vaste corollaire de valeurs et> de références
sémantiques (nid, patrie, famille, etc.) est un point cardinal
fondamental dans l’existence de chaque être humain. Il l’est
même pour ceux qui vivent, ou ont été contraints
à vivre, dans des conditions de simplicité extrême.
Mais, en ce qui concerne le présent, le spectateur ne trouvera
pas de références directes au réel. Ce n’est
pas une chronique claire et ciblée, mais plutôt un chemin
ondoyant à l’intérieur de ma mémoire. Son
seul but est d’essayer de reconsidérer la valeur de ce
symbole universel. Vu le réfèrent apparent de cette recherche,
il est probable que ce voyage intime, au départ psychologique,
assume une connotation plus vaste, moins personnelle et presque vaguement
sociologique (bien que dépourvue d’instruments et d’intentions).
Mais ceci est une autre histoire.
Ici, les images que je propose sont surtout liées à mon
passé, à une période caractérisée
par des
expériences qui n’ont pas toujours été idylliques,
mais qui ont marqué mon micromonde, parfois d’une manière
positive.
Ces oeuvres– au delà de la relation métonymique
qui est sous-entendue dans le sujet – ne sont qu’une invention
pour réfléchir sur ce qui m’a
|
appartenu et, en même temps, sur le rôle fondamental que
la mémoire joue en véhiculant le souvenir dans le temps. Une fonction
que nous pourrions peut-être résumer dans cette question finale:
mémoire = communication ?
c’est-à-dire
la mémoire est....une forme de communication ?
Gerardo REGNANI.
traduction : Daniela DELFINO.
|