| Laurent Millet | |
Naissance
d' un monde Nul doute, les cabanes de Laurent Millet sont des constructions. A plus d' un titre elles relèvent de cette faculté de produire un tout par une succession d' actes séparés. D' abord, les éléments trouvés au hasard de ses rencontres sont assemblés avec des clous et des fils de fer, les uns après les autres ; chaque fois un nouveau but est fixé à son action, qui contribue à l' édification de quelque chose dont le sens et la fin dépassent non seulement chacun de ces actes mais leur somme même : quelque chose apparaît qui est irréductible à une somme d' actes déterminés. Ce peut être un avion, ou une cabane, une finalité technique ou esthétique, la fin de l'œuvre est irréductible aux moyens. Mais une autre construction ici, avec d' autres outils, se superpose à la première; c' est la composition d' un espace qui emprunte ses paysages au monde : une cabane, un lieu choisi au bout de la terre, un horizon où se rejoignent un ciel et une terre qui donne sa profondeur et sa respiration à l' espace réinventé. Car il ne s' agit plus ici d' une construction dans le monde, mais de la construction d' un monde, par soustraction de l' espace (par le cadrage) et par abstraction du temps (par impression sur plaque et développement différé sur papier). Ainsi l' artiste construit son monde à partir du monde, c' est ce que l' on appelle une |
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