| Vincent Leray | |
| ZOOMORPHIE. Glissement, métissage, hybridation | |
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Le projet Zoomorphie trouve ses fondements dans l’objectivité d’une photo documentaire en dressant un recensement systématique de la structure squelettique des oursins. La saisie frontale de l’objet calcaire révèle l’indice d’une empreinte étoilée qui caractérise l’ensemble de la déclinaison morphologique. Ce protocole normatif ne se limite pas à une simple fonction documentaire, il réinscrit la nature de l’objet dans une dimension subjective et interprétative , le délivrant d’une condition organique. L’intégrité du sujet, détourné de ses origines vers un hypothétique produit manufacturé, alimente l’idée fictive d’une conception industrialisée qui répondrait aux normes d’une économie imaginaire. |
Le
langage plastique élargit son vocabulaire par un geste radicalisé qui
consiste à transférer la condition photographique du motif étoilé vers
une correspondance tridimensionnelle. L’équivalence sculpturale du corps
étoilé, réduit à un simple signe neutre et normalisé se décline selon
une logique de construction unitaire. La nature polysémique du pictogramme,
perméable à plusieurs régimes de lectures traverse une vie nomade entre
l’espace construit et l’environnement ouvert sur la mer. Parmi les composantes
du lieu ou du milieu susceptible d’accueillir l’appareil étoilé, chaque
dispositif peut révéler une autonomie ou une valeur d’usage assimilée
à ce qui préexiste. Le glissement de la sculpture à l’instrument replace
l’objet sur une frontière poreuse séparant difficilement l’œuvre de l’outil.
La métamorphose successive du dessin étoilé, transposé dans un corpus
multiple (photographies, installations, vidéos)débouche sur une hiérarchisation
des œuvres intégrées aux dimensions de l’espace et de celles du temps. V.L |
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