Keiichi Tahara
Né à Kyoto en 1951, Keiichi Tahara s'installe à Paris en 1973. Après avoir réalisé des courts-métrages au Japon, il opte pour une approche de la photographie où sont privilégiés les jeux d'ombre et de lumière, autant que les matières et les effets de textures, comme en témoigne l'aspect flou et charbonneux des images de la série Fenêtres (1975-1980). En photographiant à travers les impuretés d'une vitre, il confère à la fenêtre, métaphore de l'image photographique, une matérialité et une épaisseur proches de celles rencontrées en peinture. Les rapports du flou et du net, du proche et du lointain, en sont bouleversés.


Dans la série Transparent (1989), le verre apparaît cette fois en tant que matériau photographique. Impressionnées sur de grandes plaques de verre, les images sont griffées, striées, brossées laissant voir, par transparence, le mur ou le sol sur lequel repose l'œuvre. Depuis quelques années, il intègre ses photographies sur plaque de verre à des dispositifs architecturaux et réalise des environnements lumineux dans des espaces urbain. Une étonnante galerie de portraits de personnalités artistiques ainsi que des études pour le mode ou les arts décoratifs composent également on œuvre photographique.



Sous les voûtes obscures, le silence immense des visages et des corps de pierre. L'ombre floue hachure les torses et ruisselle sur les fronts comme les traces de larmes trop anciennes.
Pourtant, la douloureuse intensité de ce visage penché, l'effarouchement de ce corps
replié résonnent au-delà du cadre des tirages photographiques. Entre la pâleur des portraits et ta pierre des voûtes étirées par le trait de lumière, c'est comme la trame d'une communion, le chapelet d'une prière qui se forment.
La sculpture, et particulièrement la sculpture baroque, est ou cœur de l’œuvre de Keiichi Tahara.
La pierre des statues est ce monument sur lequel la lumière s'épanche et orchestre le douloureux dialogue de l'homme tendant vers quelque Dieu. La lumière est le révélateur de cet affleurement sidérant de la profondeur à la surface dons un instant de fulgurante présence.
Contre la séduction forcément hasardeuse et passagère de la chair, il choisit l'extase éternelle et mystérieuse de la pierre.

(D’après Sabine Roux, octobre2000)


  



Traces de lumières, échos de lumières …

Entre l'Italie. l'Egypte et le Japon. Keiichi Tahara transporte avec lui tous ses voyages, ses souvenirs d'enfance et un peu de la mémoire du monde. Ses œuvres s'exposent ou s'installent dans des musées ou des paysages comme la tentation ou les traces d'une quête absolue : s'approcher du plus près qu'il est possible de la lumière.
Mais qu'est-ce que la lumière? S'oppose-t-elle à l'obscurité comme le jour s'oppose à ta
nuit et le savoir à l'ignorance ? Si elle n'est, en sa stricte définition, que la partie visible d'un rayonnement électromagnétique, n'est-ce pas le signe qu'elle a à voir justement avec le visible et l'invisible?



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec l'aimable complicité de Raymond VIALLON de la galerie
« Vrais Rêves » de Lyon.